Le Dieu d’Einstein et le Dieu de Spinoza  

Les siècles passés ont connu le développement d’extraordinaires progrès scientifiques et technologiques et par ailleurs de considérables progrès politiques et sociaux.

Mais les savants  ont progressivement cloisonné leur domaine et un fossé s’est creusé entre les sciences dites « dures » et les sciences dites «humaines».  

Les sciences « dures » m’ont paru contribuer à « désenchanter le monde » : Ainsi, jeune étudiant en médecine – c’était en 1970 – j’avais lu avec intérêt l’ouvrage de Jacques MONOD,  Le hasard et la nécessité  et avoue avoir été accablé par les dernières phrases qui concluaient ce livre du prix Nobel de Biologie : je le cite : L’ancienne alliance est rompue. L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers  d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son Devoir n’est écrit nulle part. À lui de choisir entre le royaume et les ténèbres. 

Fort heureusement d’autres lectures m’ont depuis rasséréné et j’ai été notamment ébloui par la découverte de l’œuvre de SPINOSA et celle d’EINSTEIN que je vais évoquer.

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« Si la liberté de conscience est absolue, qu’en est-il de la liberté d’expression ? »

La Liberté de conscience est portée comme le principe clé de la franc-maçonnerie. Elle se développe en Angleterre au XVIII° siècle et les français ne lui adjoindront le caractère « absolu » qu’avec la décision du Grand Orient de France de 1877. On pourra, dès lors, devenir franc-maçon sans croire en Dieu !

De nos jours, la liberté absolue de conscience apparaît de plus en plus comme la valeur à défendre par tous les humanistes. Elle est explicitée dans l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948 :

« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

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Individualiste et fier de l’être !

En ce début de 21° siècle, s’affirmer individualiste, pose problème tant ce mot est connoté péjorativement ! Ce dont je veux parler moi, c’est de ce que définissent la plupart des dictionnaires comme : la reconnaissance de la souveraineté de l’individu. Un comportement indépendant et autonome, le contraire du suivisme. En politique, la valorisation de l’initiative privée, la volonté de privilégier le développement des droits et des responsabilités de l’individu – par opposition au collectivisme. Or aujourd’hui, l’individualisme est défini uniquement comme l’impérialisme du moi, l’égoïsme, le repli sur soi. Accusé de dissoudre le « vivre ensemble » par la gauche, alors qu’à droite, si l’on défend l’individualisme, c’est avant tout sur un plan économique. Car pour ce qui est, par exemple, du choix individuel de la femme à disposer de son corps, il en va tout autrement. Alors même que l’individualisme triomphe, on oublie aujourd’hui le caractère polysémique de ce terme pour ne retenir que le signifiant d’égoïsme. Belle victoire de ses adversaires de toujours qui sont parvenus à faire de ce terme, une caricature méconnaissable, alors qu’il désigne un mouvement philosophique et politique, humaniste.

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Être maçon aujourd’hui

Au fait, m’a demandé un de nos frères fraîchement initié, « Qu’est-ce que ça veut dire au juste être maçon aujourd’hui ? »

Sacrée question…J’ai failli le remercier de me l’avoir posée…

Mais un maître se doit de répondre à une telle question ; à tout le moins d’esquisser quelques pistes pour son interlocuteur novice, lui indiquer des clefs pour une recherche de réponse toute personnelle et provisoire.

Je me suis donc lancé, comme un patineur vérifiant l’épaisseur de la glace :

Être Maçon aujourd’hui, lui ai-je dit, c’est d’abord ne pas ou ne plus être seul à rechercher la vérité, à étudier la morale, à pratiquer la solidarité ;

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Les désirs

J’ai choisi d’écrire sur les désirs à la lumière de ce qu’en pensent les philosophes.

Pour beaucoup d’entre nous, nous sommes entrés en franc-maçonnerie parce qu’en quête de sens et de connaissance de soi. Nous ne pouvons passer à côté de toutes les questions liées au désir : qu’est ce que le désir ? D’où vient-il ? Peut-on concevoir une existence sans désir ? Peut-on concilier l’expression de nos désirs avec une quête de la connaissance et avec un cheminement spirituel ? Le désir est-il un manque, un sentiment d’incomplétude de la condition humaine ou fait-il partie de l’essence même de la vie dans ses  différentes manifestations ?

Après en avoir déterminé le contour à travers une approche de définition des désirs,  mon propos s’articulera autour de 3 questions :

– Quel est l’objet des désirs ?

– Quelles sont les sources des désirs ?

– Comment trouver le bonheur au-delà de nos désirs ?

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L’Orient Éternel Et après !

«  Longtemps je me suis endormi de bonne heure » .Ainsi  commence « À la Recherche du Temps Perdu ». Initiatique, concise et apparemment banale, cette phrase annonce le déroulé d’une pensée tortueuse et raffinée.

Prenant le risque de plagier Marcel Proust, je vous propose ceci : «  Longtemps j’ai parcouru le MONDE à l’envers ». En effet les grands quotidiens français cachent, dans leur avant – dernière page, les notices  nécrologiques .Elles nous renseignent sur la sociologie de leurs défunts lecteurs, leurs idéologies ou celles de leurs proches.
Plusieurs  d’entre elles restent sobres, révélant les circonstances de la longue et douloureuse maladie. Nous échappons rarement à l’âge du capitaine, annonçant sa longévité  de façon quasi triomphante.

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